L’urgence de cette page nous fera revenir au frère André Gouzes – innocent – et au père Louis Ribes – coupable – un peu plus tard.
ASSEZ de mensonge et d’hypocrisie… L’Abbé Pierre n’est pas le problème.
Nous n’avions jamais prévu d’écrire sur « l’affaire Abbé Pierre »,
bien que cette affaire s’avère l’une des plus définitives démonstrations du bien-fondé de notre combat pour la distinction entre une œuvre et son auteur !
Ou alors, si nous nous trompons, prenons l’Église catholique et certain(e)s de ses théologien(ne)s aux mots et qu’ils assument, enfin, jusqu’au bout, leurs raisonnements et leurs oukases : s’il ne faut pas distinguer un homme de son œuvre, il faut en conséquence détruire l’ensemble du mouvement Emmaüs et tout ce qui rappellerait l’Abbé Pierre !
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La Fondation Abbé Pierre, à son tour, s’apprête à commettre l’irréparable, la même erreur et le même crime que l’Institution catholique de France. Elle s’apprête à trahir un engagement inestimable, à appliquer deux solutions proposées par l’Institution ecclésiale depuis les affaires Ribes et Rupnik : le révisionnisme historique et l’effacement.
Cette magnifique Fondation Abbé Pierre suit – de fait – de manière fatale la stratégie ecclésiale. Nous pensons qu’elle y perdra la moitié de ses donateurs, au détriment des plus miséreux…
L’effacement et le recouvrement (à l’inverse du dévoilement associé à la vérité) sont en effet l’une des stratégies mises en place sournoisement par l’Église catholique de France à la suite de ses commissions de vérité sur les abus sexuels en son sein. Commissions qui ont produit bien sûr leur lot de vérité mais aussi, comme toujours, leurs « effets pervers ».
Or, ces « solutions » sont non-chrétiennes. Elles trahissent un changement radical du regard que le Christ a apporté.
C’est donc du côté du fonctionnement de l’Institution catholique et non de cette honnête Fondation qu’il nous faudra porter notre analyse.
Que cette Fondation Abbé Pierre ait le courage de résister aux aboiements tout en portant bien sûr la plus grande bienveillance aux victimes.
Elle donnera ainsi l’exemple à la catholicité tout entière…
En ne changeant pas de nom, elle témoignera du fait nouveau apporté par le Christ :
L’homme ou la femme ne se réduisent pas à leurs actes et les chemins de l’Esprit et de la Grâce peuvent passer y compris par un criminel de grand chemin.
C’est pour cela que le Christ a donné « sa vie en sacrifice », ce que les pratiquant(e)s entendent tous les dimanches à la messe ! Ou alors ce n’est que bla-bla. Toute l’Histoire du catholicisme est parsemée de ces êtres criminels et saints à la fois.
Ces jours-ci tous les journaux, radios et télévisions s’interrogent bénéfiquement sans doute : Pourquoi et comment des abus sexuels sont-ils si « facilement » perpétrés par des « hommes d’Église » ?
Cependant, personne encore n’aborde le fond du problème…
(Nous avons déjà évoqué dans des pages précédentes l’étonnant phénomène d’un autre mensonge bien orchestré par nos institutions. 30% des agresseurs dans l’Église seraient des femmes et personne n’en parle jamais).
Nous voici à quelques semaines de la réunion annuelle des évêques de France à Lourdes. Une remise en question au sein de tous les rouages de l’Institution s’impose afin d’éviter l’explosion.
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A l’heure où nous écrivons, « l’Église catholique se complait dans la boue et non pas dans le bien que fait l’humain ».
Ce cri nous revient tous les jours et c’est pourquoi notre devoir est de réagir. Maintenant, c’est à la base, aux fidèles, aux « femmes et hommes de bonne volonté » de crier leur révolte, aux simples croyant(e)s de savoir dire NON à l’hystérisation actuelle.
Notre devoir est de dénoncer les stratégies de l’Institution catholique de France qui sont en train de se retourner contre toutes les actrices et tous les acteurs qui la composent, encore davantage depuis l’Affaire Abbé Pierre où elle fut de si mauvais conseil et de si « mauvaise foi ».
Aveuglé(e)s et tétanisé(e)s par l’effroi des « révélations », les responsables catholiques sont actuellement complètement obsédé(e)s par le sexe. Nous n’écrivons pas ici qu’ils-elles sont des obsédés sexuels. Ils-elles sont ainsi devenus incapables de parler de l’amour le plus fort, celui qui passe par nous mais ne vient pas de notre pauvre et si lâche humanité.
Les responsables catholiques actuel(le)s ont transformé notre Église en une Église de la peur où un simple « je t’aime » aperçu sur des lèvres peut y faire oublier quarante ou cinquante années de vie sacerdotale exemplaire (nous avons reçu des dizaines de témoignages poignants de ces cas répandus par l’absence complète de discernement de notre Institution – aveuglée par son obsession).
Conséquences des stratégies de camouflage que l’Église a mises en place dans la folie des « révélations » – certes révoltantes lorsqu’elles sont avérées -, tous ses membres sont devenu(e)s aux yeux de la société de potentiels prédateurs et criminel(le)s, alors que 90% des « serviteurs de Dieu » sont réellement sains et saines !…
C’est de sa faute, avec ces camouflages que nous allons détailler plus loin, l’Église a pris le risque que même le courage des « commissions de vérité » – reconnaissant souvent utilement prédateurs et victimes – ne soit finalement perçu tel un simple écran de fumée. Que leur sincérité finisse par être perçue seulement comme un cache pour d’autres trahisons et compromissions.
Notre Église catholique de France s’est totalement déconsidérée par ses mensonges et il lui faudra espace et temps pour se relever.
Au moins, qu’elle fasse tout d’abord silence car faire silence n’est pas se taire.
« Les déclarations incessantes émanant de ces Conférences nous fatiguent et nous exaspèrent. Celles de Soeur Margron deviennent inaudibles et insoutenables pour une immense majorité des fidèles que nous accueillons, même si ses déclarations raisonnent (et résonnent !) parfois sainement (…) Ce trop-plein de réactions sonne faux et amplifie encore la trahison de nos institutions par leurs énormes mensonges (…) Elles connaissaient et couvraient depuis des dizaines d’années les situations délictueuses » nous écrit cette semaine la responsable d’une communauté religieuse très respectée.
C’en est assez, vraiment. L’Église jette désormais la première pierre. Qu’elle revienne enfin à l’Evangile, qu’elle baisse la tête et dessine sur le sable.
(allusion à l’attitude de Jésus lors de la lapidation de la femme adultère)
C’en est assez, vraiment. Les croyant(e)s et les non-croyant(e)s sont à bout…
La situation est devenue in-sup-por-ta-ble pour toutes et tous.
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L’institution d’une tromperie et d’un leurre
Nous pesons nos mots et sommes en mesure aujourd’hui d’accuser l’Église catholique de France d’avoir sciemment institué la tromperie et mis en place un leurre pour cacher la vérité et pour ne pas avoir à se réformer.
Notons que nous parlons ici du fonctionnement de l’Institution catholique de France car l’Église comme réunion de toutes celles et ceux qui font « corps du Christ » est autre chose. Nous devons cette précision nécessaire aux croyant(e)s qui nous lisent. Ils savent que nous aimons par ailleurs cette Église qui comporte encore tant de belles humanités.
Sous le titre de notre page se cache une terrible vérité car c’est bien l’Institution française catholique qui a tout faux et qui doit avoir honte d’elle-même.
Pauvres Conférences des évêques de France et de la vie consacrée…
« Les présidences de ces deux conférences condamnent de nouveau Jésus, Lui qui est venu sauver et non pas condamner, construire et non pas détruire ! Elles s’étranglent au point d’en oublier l’Histoire de l’Église et de tous ses saints » nous écrit un évêque au regard courageux « effondré par la logorrhée actuelle de nos officielles déclarations ».
« Chacun connaît en effet la vie de patachon de Saint-Augustin et pourtant il fut canonisé. Le même Saint-Augustin disait « etiam peccata », même du péché il peut sortir du bien » nous confie un autre évêque…
C’est pourquoi les croyant(e)s n’ont pas honte de clamer l’évangile de Matthieu, fieffé voleur et collabo avant que le Christ ne l’appelle… de la même façon n’ont-ils pas honte de chanter les psaumes du roi David, violeur et assassin du mari de celle qu’il mit dans son lit … et ce ne sont que trois exemples. Il y en aurait tant d’autres.
« Ne parlons pas de Josué l’exterminateur des Cananéens, des croisés de tout poil et autres papes Gregoire IX et Innocent III et leurs sbires (« Tuez-les tous »…), etc. On n’en a pas pour autant rayé ces papes (et la papauté) des rayons de l’histoire » ajoute l’un de nos correspondants.
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La honte de la honte
Le traitement par notre Institution catholique de « l’affaire Abbé Pierre » est la goutte qui fait déborder le vase. Une honte.
Deux cent soixante contributions, venant de croyant(e)s, de non-croyant(e)s, de prêtres et de religieuses, nous ont été adressées au lendemain des communiqués officiels de l’épiscopat. Le lynchage de l’Abbé Pierre leur fait saigner les oreilles car il sonne faux (et pour cause, l’Église savait !) et surtout parce qu’il blesse toutes les associations qui luttent contre la pauvreté et tous les compagnons de cet « homme de Dieu » qui, malgré toutes ses faiblesses et ses abus bien-entendu condamnables fit « mille fois plus pour l’ancrage des valeurs chrétiennes au cœur des citoyens français que 50 ans de conférences des évêques ! ».
Chacun(e), en ressentant cela, ne remet aucunement en cause les vraisemblables blessures que le même Abbé Pierre put infliger à ses victimes ainsi que la nécessité toute humaine et chrétienne de chercher à les soulager… On est bien d’accord.
Par son traitement de l’affaire Abbé Pierre,
l’Église catholique révèle à toute la société française
– son premier crime :
son incapacité – ou sa volonté, ou sa lâcheté – de ne pas clamer que l’Amour de Dieu peut parfaitement passer par un impur ou un criminel, le b.a.ba du christianisme.
L’Église prouve de cette façon sa terrible volonté de posséder Dieu et de le distribuer à sa guise.
Posséder Dieu est une tendance tout humaine qui entraîne tous les crimes commis au nom de Dieu dans toutes les religions… Notre Institution catholique de France était déjà sortie du christianisme comme nous l’avons déjà démontré : son attitude, son manque de courage et de discernement, sa pratique des amalgames dans l’affaire Ribes de Lyon relevaient d’un crime contre l’humanité. N’ayant pas voulu se remettre en question et réfléchir, voici qu’elle recommence en plus grave encore.
Pourtant l’affaire Abbé Pierre nous démontre que le « Seul Seigneur »(comme dit la même Église avec probable raison) s’est servi ainsi d’un criminel pour faire passer la gloire de son amour, en lui donnant une force à déplacer les montagnes… Car cette force ne venait pas de lui… Impossible pour un homme si faible !
Et voilà bien ce qui hystérise actuellement l’Église institutionnelle, celle des pouvoirs et des compromissions. Après l’affaire Abbé Pierre, heureusement, ses cris d’orfraies ne tromperont plus personne, ni les croyant(e)s ni les non-croyant(e)s… Personne ne croira plus aux bons sentiments de l’Église catholique, à ces faux-semblants de « respect pour les victimes », à ses déclarations qui jamais – et pour cause – n’ont évoqué sa foi en l’homme et en Christ, chaque fois qu’une « affaire » a été révélée depuis plusieurs années.
Cherchons continuellement la justesse. Nous n’écrivons pas ici que ces hommes et femmes responsables de l’Église catholique n’ont pas cette foi en l’homme et cette foi en Christ, mais qu’ils ne savent plus ni en vivre pleinement ni comment les transmettre.
« Délivrez-nous désormais de vos déclarations… et retournez à la prière » conseillent plusieurs contributeurs.
Un moine nous décrit l’incroyable synchronicité des Vêpres (prière du soir au coucher du soleil proposée aux croyants) de ce jour 9 septembre, où nous commençons à rédiger cette page :
Parole de Dieu / Jacques 4, 11-12
Frères, cessez de dire du mal les uns des autres; dire du mal de son frère ou juger son frère, c’est dire du mal de la Loi et juger la Loi. Or, si tu juges la Loi, tu n’en es plus le fidèle sujet, tu en es le juge. Un seul est à la fois législateur et juge, celui qui a le pouvoir de sauver et de perdre. Pour qui te prends-tu donc, toi qui juges ton prochain ?
R/ Heureux qui ne juge pas : il ne sera pas jugé
V/ Celui qui aime son frère demeure dans la lumière
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit
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Et voilà bien pourquoi l’Abbé Pierre, n’en déplaise aux Conférences Catholiques de France, restera l’une des personnalités préférées des françaises et des français. Et peut-être encore davantage aujourd’hui, d’après notre propre enquête, aussi étrange et scandaleux pour certains que cela puisse paraître !
Pourquoi ?
Parce que l’Abbé Pierre, c’est nous toutes et tous, l’humain capable du meilleur et du pire, croyant, athée, riche ou pauvre.
Nous toutes et tous, humains faits de poussière et d’or, d’ombre et de lumière, de noir et de blanc, de dénonciation et de complicité de crime par notre silence (y compris de la part des victimes), de bien et de mal.
Parce que l’humain, c’est ce « bon père de famille » que l’on découvre aujourd’hui également fournisseur des plus nombreux violeurs… Parce que l’humain est fait de tendresse et de violence, de générosité et d’égoïsme, d’espoirs et de désespoirs, d’élans de vie et d’élans de mort…
À aucun moment le « ou » n’a sa place, contrairement à une certaine bien-pensance illusoire du catholicisme ambiant.
L’Abbé Pierre était et reste la preuve pour les françaises et pour les français, et pour le monde entier même non-catholique, même athée, que la force de combattre, l’impossible acceptation de la misère, viennent « d’ailleurs », du plus fort que nous, du plus grand que nos égoïsmes… De cet « ailleurs » que les croyants appellent « le Dieu d’Amour » ou « l’Esprit Saint ».
Par son traitement de l’affaire Abbé Pierre,
l’Église catholique révèle à toute la société française
– Son second crime :
Par ses paroles et sa logorrhée actuelles, l’Institution ecclésiale casse le sillon creusé au cœur des femmes et des hommes – citoyennes et citoyens français, tous profils et croyances confondus – par la silhouette de l’Abbé Pierre.
Ce sillon est pourtant le vide nécessaire pour accueillir en l’humain – naturellement égoïste – l’urgence de venir en aide aux plus démuni(e)s. Ce sillon est le creux nécessaire pour ressentir en notre chair l’impossibilité de laisser sur le bord du chemin le plus petit, le plus malade, le plus pauvre.
En cela, pour rester justes, notons que la Presse catholique a une lourde responsabilité par sa reprise des cris d’orfraies de l’Église au lieu de la remettre à sa place…
Tel qu’on a pu le lire ou l’entendre, personne n’est en train de « déboulonner » une statue (sauf dans une ville trompée par ces cris désordonnés) car l’Abbé Pierre n’a jamais été une « statue ». Nous en prenons à témoin tous ses compagnons que nous côtoyons régulièrement. L’homme était et restera toujours (si l’envie de l’effacer ne cède à l’hypocrisie ambiante) cette fameuse silhouette, signe d’évangile, ou signe, plus simplement, de l’élan le plus beau du cœur humain. Même en ayant commis des crimes par ailleurs.
Cela n’a rien à voir.
Si un seul « Juste » est capable de sauver l’humanité tout entière, un seul acte bon est capable de sauver un homme ou une femme. L’envers n’a jamais été vrai ! , un « criminel » ne condamne pas l’humanité tout entière et un seul acte mauvais est incapable de perdre un homme ou une femme… Depuis Jésus, du moins.
Ce qui rend encore plus grave le péché de forfaiture actuel de l’Église catholique de France.
Autre regard complémentaire au milieu de tant de témoignages reçus. « L’abbé Pierre est accusé de trente ou cinquante crimes mais que sont-ils dans la balance de l’ange de justice en rapport au cent ou cinq-cents mille individus qu’il a sortis de la honte de la misère et auxquels il redonna espoir » nous écrit Michelle, la fille d’un compagnon des premières heures. « Cela n’enlève rien à l’amour et à l’espoir qu’il faudrait arriver à donner aux victimes qui ne pourront jamais guérir. Reconnues victimes, elles le sont au-delà de leur attente, le monde entier étant informé (…) Je peux vous dire que ce n’est certainement pas la disparition de leur agresseur qui les soignera », poursuit-elle.
Lectrices et lecteurs de notre page, en saine réaction, demandez à vos cinémas de projeter à nouveau « L’abbé Pierre, une vie de combats », c’est la silhouette de Benjamin Lavernhe qui vous donnera l’implacable urgence d’aller vers le plus faible et le plus boueux des humains ! Aucune autre silhouette que celle de l’Abbé Pierre, actuellement, n’est porteuse d’une telle force, prouvant, encore une fois, l’action de la force de Dieu à travers la face boueuse d’un homme… Ajoutez si vous voulez la projection de « Je verrai toujours vos visages » donnant à connaître la Justice restaurative et vous saurez comment réagir face au mal et aux propositions actuelles faites aux victimes de faire disparaître leurs agresseurs !
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C’en est vraiment assez
nous disent avec parfaite justesse et tempérance
toutes les contributions reçues.
Les administrateurs des Conférences de nos Institutions catholiques françaises se doivent maintenant d’assumer la dérive, le mensonge, la trahison, la jalousie et la lâcheté qu’ils ont laissé prospérer en leurs seins et qui sous-tendent, consciemment ou inconsciemment, toutes leurs réactions.
Ils sont pris à leur propre piège :
« Qu’ils aient le courage de démissionner afin que l’Église de France puisse se relever. Il n’existe pas d’autres solutions. Cela a assez duré.
Que sont leurs bilans ? : une Église paralysée par la peur et ne parlant que d’obsessions sexuelles au lieu de défendre la beauté du travail de Dieu en l’humain » demande une centaine de nos contributeurs à travers toute la France. Nous pensons leur analyse affûtée et bien renseignée.
Responsables de forfaiture, ils le sont à coup sûr.
Ils ont couvert puis tordu la vérité sur tout, pas seulement sur l’Abbé Pierre qui fit tant pour l’inscription au cœur des femmes et des hommes de ce pays des valeurs de l’Evangile (on ne l’écrira jamais assez).
Ils s’en prirent au Père Gouzes dont trois années d’intense médiatisation de l’affaire et d’appels à témoignage des commissions de vérité n’apportèrent aucune plainte, donc aucun soupçon de pédocriminalité, preuve s’il le fallait de son innocence en ce domaine !
Ils s’en prirent aux œuvres des Pères Ribes et Rupnik pour donner à croire à une action alors que les hommes sont coupables mais les œuvres ne sont coupables de rien (sauf si elles incitent au crime, bien sûr !).
Ils s’en prirent à des prêtres et évêques dont les accusations furent classées sans suite par des procureur(e)s de notre République mais l’Église continua de les écraser par une jouissance malsaine etc etc.
(Nous aurons l’occasion de revenir sur ces points)
Nous crions aujourd’hui car nous savons depuis longtemps l’Église capable de sortir de ces compromissions avec le malin, capable de proclamer le bien, capable de clamer sur les toits l’amour infini de Dieu et le changement radical apporté par le Christ.
Tant de prêtres et de religieuses, de laïcs le font un peu partout dans l’ombre…
Nous connaissons la capacité de l’Église à nous sortir de nos égoïsmes si elle parle du Christ. C’est pourquoi nous pleurons, amèrement… L’Église à laquelle nous adhérons pourrait être fédératrice des énergies du Bien et, il faut bien l’avouer, par son attitude actuelle, elle ne fait que donner de la force au Mal, car le Malin se nourrit de sa peur.
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Par son traitement de l’affaire Abbé Pierre,
l’Église catholique révèle à toute la société française
– son troisième crime :
Le leurre. Et pourtant il n’y a sans doute rien de pire que de tromper la foi en l’homme et la foi en Dieu.
On ne peut croire que prêtres et religieuses n’auraient aucune formation intellectuelle.
Pourtant notre site a longuement relevé les péchés de simplisme commis par l’Institution. À se demander si pour être catholique, désormais, un raisonnement se doit d’être simpliste et dualiste, comme si le bien et le mal n’avaient pas une nécessaire cohabitation…
La Presse catholique et les théologiens ont certainement leur part de responsabilité pour ne jamais contredire les paroles d’un évêque, fussent-elles stupides.
Ainsi, nous avions dénoncé le « ce n’est pas de l’art » de l’évêque de Lyon, la comparaison de la rampe de Lourdes avec « les deux bras d’un abuseur » (reprise des propos de victimes) par l’évêque de Tarbes, accompagnée de l’évidence qui tue : « la vie et la personne d’une victime sont infiniment supérieures à la plus belle des œuvres d’art » !
Sérieusement, appelez-vous cela du discernement ?
Bref, soyons enfin sérieux dans l’Église catholique que nous aimons lorsqu’elle est fidèle à sa mission (transmettre l’amour du Christ). Ne tournons plus autour des problèmes en lançant des formules simplistes comme si les fidèles – ou les citoyen(ne)s – étaient des imbéciles, comme si les croyant(e)s n’avaient jamais connu le b.a.ba de l’amour humain et le désir de l’Amour divin.
Nous sommes toutes et tous responsables si nous nous taisons. Tout clocher est un phallus pour celle ou celui qui a subi une agression dans une sacristie. Toutes les croix (et nous avions pourtant donné à lire un témoignage bouleversant à ce sujet en notre page 16, point 5) sont insupportables pour une victime ayant été abusée par un(e) religieux… Faut-il alors détruire tous les clochers et supprimer toutes les croix « par respect pour les victimes » avérées ou pressenties, passées, présentes ou à-venir, heurtées bien sûr par des signes si visibles ?
Soyons enfin sérieux dans l’Église catholique. Ne manions plus le « simplisme » pour entraîner l’adhésion !
Pour nous, se taire, c’est laisser s’enfoncer cette Église que nous aimons dans une « névrose d’échec » la conduisant à l’auto-sabotage. Chacun(e) pourra appeler cette descente aux enfers comme il ou elle voudra.
Le leurre ! Le voici encore : ne rien proposer aux victimes qui puisse leur permettre de se reconstruire.
Le si rabâché « respect » pour les victimes ne veut absolument rien dire.
On respecte une loi ou un feu rouge, pas les victimes. Cette notion a d’ailleurs permis tous les abus depuis les « révélations » – au grand public (puisque l’Église savait) – de l’existence de crimes sexuels commis au sein même de l’Institution catholique. Ce « respect » cache le refus de reconnaissance de la dignité consubstantielle à toute personne, criminelle tout autant que victime, à cause de sa part de divin.
Cet alibi du « respect des victimes » a par conséquent été et reste prétexte à tous les lynchages.
Depuis quelques années, combien de décisions ont été prises par « respect » pour les victimes, alors qu’elles n’ont rien à faire de ce « respect » ! Les victimes dont nous avons reçu de nombreux témoignages bouleversants depuis la création de notre site demandent d’être entendues, aidées sur un chemin de reconstruction sur lequel elles voudraient tellement pouvoir s’engager, sans y réussir la plupart du temps. Elles savent qu’elles ne seront jamais complètement guéries.
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Nous l’avons déjà démontré dans nos pages précédentes :
Chercher le regard du Christ sur elles et sur leurs agresseurs – les deux sont nécessairement liés – est un chemin beaucoup plus difficile que les solutions simplistes relevant de l’illusionnisme et de la trahison de l’Évangile proposées par l’Église aux victimes (telles que la destruction des œuvres d’un auteur, pour seul exemple)…
Ce qui a été proposé à toutes ces victimes par l’Église catholique relève bien davantage de la vengeance. C’est le comble !
Et voilà pourquoi nos institutions n’arrivent plus à s’en sortir et s’embourbent en chaque « affaire » davantage.
Voici des mois que nous avions proposé l’aide de la « Justice restaurative ». « Trop difficile à mettre en place » nous avaient répondu certains évêques. On voit aujourd’hui à quel point nous avons avancé !
Les travaux de la « Justice Restaurative », largement documentés, montrent qu’après une agression et la condamnation du criminel, la victime n’est pas libérée des traumatismes nés de son agression. C’est au contraire par une méthodique confrontation-rencontre avec son agresseur (ou un agresseur ayant une typologie identique), qu’au terme d’un long travail d’un an environ disparaît le traumatisme. Avec l’effet bénéfique supplémentaire d’une très forte diminution de récidives chez les criminel(le)s…
N’allez pas nous dire que l’Église catholique n’aurait pas pu mettre en place ce genre de face-à-face dès qu’elle fut informée des démons de l’Abbé Pierre, de son vivant, lui offrant, tout autant qu’aux victimes déjà connues à l’époque, un chemin de guérison, discrètement mais en responsabilité et vérité, tout en soutenant davantage son œuvre !
(même réflexion pourrait s’appliquer dans les affaires Ribes et Rupnik).
Dès lors, il est aujourd’hui largement prouvé que la privation, le retrait et l’occultation de l’image d’un criminel ou de la vision de ses œuvres etc. ne règlent rien.
Quand bien même c’est une revendication des victimes qui se leurrent à leur tour en croyant ainsi obtenir réparation.
La Justice Restaurative est aujourd’hui une réalité et une pratique dans les juridictions pénales. Son regard émane de la société civile mais négliger ses travaux dans l’Église n’est pas acceptable et relève du « simplisme » que nous dénonçons.
En conclusion,
nous ne pensons pas nous tromper de beaucoup. Le Pape François, en son encyclique Fratelli Tutti qui ne date pas d’aujourd’hui, propose de regarder la parabole du bon samaritain comme « un étranger sur le chemin ». Il nous invite à prendre à notre tour la place de chaque personnage du récit et nous interpelle : « Tous, nous sommes ou avons été comme ces personnages… Nous avons tous quelque chose d’un brigand, quelque chose de ceux qui passent outre, quelque chose du bon samaritain ».
Alors, pourquoi est-ce si difficile à notre Institution catholique de France de vivre et de transmettre la vérité qui permet de choisir le bien et de laisser passer la force de l’Amour ?
Que cachent cette peur et cette paralysie de la pensée et de l’agir ?
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Post-scriptum :
Au jour, 15 septembre 2024, où nous donnons cette page à relire aux membres de nos comités répartis sur l’ensemble de la France, une nouvelle synchronicité vient conforter notre analyse.
1- Il se trouve que tous les catholiques ont entendu aujourd’hui dans leurs églises, en seconde lecture, la lettre de l’apôtre Jacques (2, 14-18) sur la question de savoir ce que vaut la foi sans les œuvres. « la foi qui n’aurait pas d’œuvres est tout à fait morte »… Combien cette lecture se trouvait d’actualité avec l’immense œuvre qui est, depuis l’hiver 1954, et restera, pour toujours, celle de « l’Abbé Pierre » !
Malgré les démons de l’homme Henri Grouès… comme le titre avec justesse « La Dépêche du Midi » de ce 15 septembre 2024. Ce journal nous est adressé comme exemple d’intelligence de la situation par nos correspondant(e)s d’Occitanie. Or, l’on ne risque pas de pouvoir traiter ce journal de « catho » ni même d’inspiration « chrétienne » ! C’est pourtant le seul grand quotidien à notre connaissance, avec ses articles proposés ce dimanche – accompagnés du splendide éditorial de Jean-Claude Souléry – qui reflète cette intelligence de la situation et un authentique « discernement » (« don » par excellence de l’Esprit Saint !).
Discernement dont notre Institution catholique et la Fondation Abbé Pierre feraient bien de s’inspirer…
2- Enfin, ne soyons jamais dupes d’éventuelles manipulations. L’étonnante sortie des révélations sur l’Abbé Pierre, organisée par un cabinet privé (et non par la Justice, « la grande oubliée de ces affirmations chocs », comme l’indique très pertinemment La Dépêche du Midi), ne correspond-elle pas curieusement à l’abandon progressif par l’Institution catholique française de l’option préférentielle pour les pauvres et à la volonté – officiellement avouée – des milliardaires chrétiens traditionnalistes Bolloré et Stérin qui veulent ramener la France au catholicisme politique et conservateur ? (voir le plan Périclès)…
Nos Institutions catholiques auront-elles un jour suffisamment de recul pour ne pas tomber dans ces pièges que lui tend le monde de l’argent ?
Cela est à craindre si l’Église catholique n’est pas capable de demander à la Fondation Abbé Pierre de revenir sur sa décision d’effacer le nom de celui qui grava au cœur des françaises et français LE message essentiel des évangiles de Jésus, le Christ : « ce que vous faites au plus petit, au plus méprisable et délaissé, c’est à moi que vous le faites ».
