13. À Lyon, le regard juste d’un homme libre | 06/01/2024

le Père Max Bobichon

Nous vous offrons en forme de vœux pour l’année nouvelle
cet hommage à un prêtre lyonnais,
auteur de la splendide préface du livre
aveuglément censuré par l’Église de Lyon.

Nos correspondantes et correspondants lyonnais ont pour la plupart été marqué(e)s
par la perte voici quelques mois de celui qui fut un père pour certain(e)s, un frère pour d’autres, un guide lumineux et lucide, un éveilleur, un ami, toujours fidèle, à l’humanité
et à la foi rayonnantes. Pour eux, son attitude évoquait constamment le si beau chant du Père Marcel Godard, compositeur lyonnais,
« je crois que mon Sauveur est vivant ».

Lors de la cérémonie d’à-Dieu à cet ami pré-cieux (entendre près-des-cieux),
la cathédrale emplie témoignait de l’empreinte de Max Bobichon,
sur Lyon et bien au-delà.

C’est ainsi que, jusqu’à son décès, Max apprécia chaleureusement notre démarche de dénonciation de l’obscurantisme. Lui qui avait connu la face de lumière du Père Louis Ribes ne pouvait accepter le choix de l’enfermement d’un homme dans son crime et le choix atroce et inutile de l’effacement de son œuvre.
« Les œuvres ne sont évidemment coupables de rien », nous affirmait-il avec beaucoup de courage, en phase avec le Manifeste de l’Observatoire de la Liberté de Création (cf. notre page 12).

La préface que le Père Max avait signée pour le livre Prêtres et artistes du diocèse de Lyon XX°-XXI° siècles (éditions Lieux Dits) comportait une fin visionnaire,
encore plus véridique après l’affaire Ribes :

« L’art est une Espérance… »

Les responsables lyonnais, et l’évêque qui présentait ce livre, n’ont certainement pas dû comprendre cette fin… ou n’ont-ils tout simplement pas lu cette préface, l’art n’étant plus « essentiel » à leurs yeux.
Eux qui brisèrent toute espérance par leur décision in-sensée.

C’est pour ce Père Max Bobichon, pour les 30 prêtres-artistes présentés dans le livre – dont le Père Max en connut 23 ! – , c’est pour toutes celles et ceux qui travaillèrent à son contenu, que nous ne cesserons d’exiger la ré-édition
de ce livre magnifique.
Tel quel, sans aucune modification. Livre que nous offrirons au Pape
et à tous les évêques de France dès qu’il sera à nouveau disponible.

Pour ce grand homme libre et bon, au regard juste et à la modestie légendaire, qu’était – ou qu’est devenu par ce livre interdit – l’ami Max Bobichon, nous n’avons pas trouvé mieux, afin de lui rendre hommage, que de reproduire ci-dessous (intégralement et sans aucune correction bien sûr) sa Préface au livre censuré si injustement.

Notre pétition nationale « Sauvons Charly, patrimoine culturel » (accessible sur internet avec ce simple intitulé) a reçu quant à elle, à ce jour, 1880 signatures de femmes et d’hommes qui ne pourraient qu’adhérer aux propos prophétiques de Max Bobichon. En ce début d’année nous envoyons ou faisons porter à ses destinataires notre pétition, tout en continuant de recueillir des signatures…

car l’art est – vraiment – une Espérance.

L’humain et le divin en chacun(e) de nous, même criminel(le), c’est – conséquemment – notre Espérance…

Au milieu du vacarme, de l’inhumanité et des atrocités de notre monde, les œuvres d’art ne peuvent que crier face au mutisme insoutenable de tant de nos hommes d’Église.
Par peur et souvent par commodité, leur silence facilite la montée des puritanismes et des fondamentalismes… alors qu’ils ont l’or, l’encens et la myrrhe aux creux de leurs mains (l’Évangile, le pardon et la rédemption).

Parce que l’art est cette Espérance – quelle que soit la face sombre de l’auteur –
il faut cesser immédiatement le démontage des œuvres du Père Louis Ribes
si malheureusement entamé l’année dernière et, notamment, il faut protéger
l’ensemble des vitraux de l’église de Charly (*)

Jour de l’Épiphanie 2024
en hommage au Père Max Bobichon

(*) rappelons amicalement mais fermement à l’ensemble de nos évêques français que leur action s’inscrit dans une République qui a ses lois et qu’en aucun cas ils ne peuvent entraîner les citoyens et encore moins les maires, propriétaires des édifices de culte, à réaliser des actes illégaux.
La loi du 7 juillet 2016 interdit la dissimulation ou la destruction d’une œuvre. Elle crée un délit d’entrave à la diffusion de la création artistique. Il s’agit d’un délit caractérisé. Sans doute cet aspect des choses a totalement échappé aux donneurs d’ordre engageant l’année dernière des communes à se dessaisir des oeuvres de Louis Ribes. L’avertissement vaut bien sûr également pour les artisans qui exécutent des démontages illégaux, répondant à des appels d’offre qui entraînent un délit caractérisé.
Nul n’est censé ignorer la loi.

La Préface du Père Max Bobichon